BEAUVAU DE LA SÉCURITÉ: La ficelle est trop grosse !

Après une gestation de plus de 8 mois, la place Beauvau vient d’accoucher du plan éponyme. S’agissant de se pencher sur une police dans un tel état de délabrement, nous pensions tous qu’une remise à plat suivie d’ajustements subtils mais néanmoins indispensables pourraient permettre de redorer le blason terni des acteurs de la paix publique.

Dès la mise en œuvre de la grand-messe Élyséenne et au regard de l’opportunité électorale, nos espoirs ont plongé vers la perplexité. Comment imaginer que la remise à plat de l’administration dont la matière est d’une sensibilité extrême pourrait aboutir, se construire sur le ciment des seules organisations syndicales catégorielles qui ne connaissent depuis la nuit des temps que la pratique de la cogestion. Le bilan à tirer de leur jubilé reflète fidèlement la pertinence de leurs actions sur l’état de l’institution. Les conditions de travail et la situation du policier brocardé dans cette société en panique à qui l’on tente de faire croire qu’un peu plus de sécurité la rendrait bien plus libre est bien le reflet d’un échec douloureux dont ils doivent assumer leur part.

Les policiers ont eu la faiblisse de croire que leurs appels au secours pourraient trouver écho. Que leur investissement personnel, tant physique qu’idéologique, pourrait rencontrer la disponibilité d’un ministre prônant la volonté de construire la police républicaine que chaque citoyen est en droit d’attendre – D’entendre sa volonté d’apporter à tous l’espoir auquel ils aspirent depuis si longtemps.

Il s’agit d’un mirage, d’une illusion emportée par l’ambition électoraliste et la nécessité d’arracher le langage sécuritaire de la bouche de l’extrême droite dont on peut craindre la constante progression.

Le résultat de la palabre s’est conclu par un inventaire à la Prévert saupoudré d’une bonne couche de « quoi qu’il en coûte » et la certitude d’avoir correctement flatté les mousquetaires du Roi, avec l’assurance qu’ils ne troubleraient pas la quiétude indispensable à la réussite d’une bonne campagne électorale. Rien de plus !

L’uniforme nouveau, le calot qui coiffe si bien le deuxième classe Tassin ou la voiture rutilante ne sont pas la recette salvatrice lorsque les policiers ne se reconnaissent plus dans cette spirale de la course aux chiffres et aux délires du « tout répressif » – De la dilution de la règle au profit du résultat spectaculaire.

Ce Beauvau de la sécurité ne laissera sans doute que peu de traces dans les mémoires tant il est insipide. A moins qu’il ne mette en exergue le manque de considération pour celles et ceux qui servent au péril de leurs vies pour une société plus juste et apaisée.

Monsieur le Président, sans être grand clerc nous pouvons vous confirmer l’échec de cette manœuvre grossière et son faible retentissement sur l’électorat que représente notre profession.

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