LA CGT-POLICE NE SE JOINDRA PAS À LA MANIFESTATION ORGANISÉE LE 2 OCTOBRE 2019

Nous sommes comme chacun des policiers de ce pays, touchés
par les disparitions d’amis, de collègues et de camarades qui ont
bien trop tôt tiré le rideau sur ce monde brutal. Nos pensées vont
aux familles aux proches, qui devront continuer à vivre en portant
à jamais la douleur laissée par ce trou béant.
Malgré cela, et consciente de la grande souffrance des policiers et
agents de tous corps du Ministère de l’Intérieur, la CGT-Police ne
participera pas le 2 octobre, à la manifestation organisée par les
syndicats catégoriels à laquelle s’associent les scories du paysage
syndical de la profession.
Cette décision, mûrement réfléchie a été prise en concertation
après un débat qui a mis en lumière la nécessité d’agir plus
sérieusement contre les conditions de travail devenues intenables.
Cette réflexion a surtout contribué à déterminer l’origine de ces
dégradations et à en dénoncer les effets.
Nous n’avons cessé d’alerter les responsables sur la précarité
dans laquelle ils avaient plongé la profession en multipliant les
directives insupportables, faisant du policier le valet des pouvoirs
qui se succèdent.
Agir contre la souffrance au travail, c’est d’abord se donner les
moyens de lutter contre le climat anti-social qui règne à tous
niveaux dans nos services.
C’est exiger la fin de la politique du chiffre, tellement éloignée de
l’attente des citoyens qui ne reconnaissent plus leur police. Il s’agit
d’une grave dérive qui dévoie le coeur même de la police car la
fonction fondamentale du policier, la sécurité publique passe par la
prévention, c’est à dire prévenir l’acte criminel, délictuel,
contraventionnel ou incivique. Prévenir c’est endiguer le
comportement déviant, mais la prévention ne se quantifie pas et
n’entre donc dans aucune donnée statistique. Elle n’est donc pas
compatible avec l’exercice comptable ministériel, ses règles de
performance et de culture d’un résultat tronqué.
C’est exiger la remise à niveau des effectifs sur l’ensemble du
territoire, l’ensemble des services et des unités afin de permettre
aux agents d’accomplir leurs missions sereinement et
complètement.
C’est remettre le policier au coeur de la cité, au coeur du village
ou du quartier afin qu’il retrouve sa place Républicaine, sa
bienveillante autorité, et la confiance de ses concitoyens.
C’est rétablir l’indépendance de l’institution policière vis à vis du
politique.
C’est construire le rapport de force, solidaire et humaniste en
capacité de faire plier l’arbitraire.
Le chantier est vaste, mais peu nombreux sont ceux enclins à
bâtir le socle de l’édifice. La proximité avec le pouvoir ou au
contraire le mépris affiché, ou encore l’attachement au confort
des lambris dorés a détourné trop de « syndicalistes » de la
mission qui leur a été confiée.
Depuis plus de 40 années, la police n’a su opposer aux réformes
successives toujours plus contraignantes qu’une lignée de
protagonistes indolents qui ont tout accepté contre une poignée
de cerises.
Nous n’oublions pas l’impact des accords d’orientation de 1 995,
de la fin de l’emploi statutaire de la déflation des corps… sans
oublier les chimères du 20 décembre dernier. Tous les protocoles
ministériels sont signés sans réelle discussion depuis tant
d’années, alors que les suffrages exprimés leur confèrent une
puissance inégalée dans la fonction publique.
Dans ces conditions, et par respect pour ceux qui n’ont pas
supporté la souffrance et sont partis trot tôt, la CGT-Police n’ira
pas battre le pavé aux cotés d’organisations qui portent une trop
grave responsabilité sur le désastre qu’ils dénoncent.

Il y a 1 commentaire pour cet article
  1. ANNIE JOUAN à 9 h 44 min

    Bien dit !

    Pour avoir subi les reformes successives comme policier d’active et maintenant comme citoyen lambda je dirais que toutes ont été faites dans l’unique
    intérêt comptable de l’administration et certainement pas dans celui des agents et des services de plus en plus désorganisés et désorientés ni dans celui du justiciable, les délais de traitement des dossiers et son efficacité s’en ressentant considérablement.
    Par ailleurs la société étant malade( précarité, intolérance, injustices…) comment le policier ne le serait- il pas, lui qui s’y heurte quotidiennement, le choc devenant socialement et politiquement de plus en plus violent.
    La souffrance au travail augmente dont témoignent les mouvement de protestation en cours dans de nombreux secteurs sans qu’il y soit porté concrètement remède. On reste dans le constat, l’observation et ce n’est pas la réforme de la fonction publique qui va arranger les choses bien au contraire. Toutes les instances de défense, de soutien, de recours perdent de jour en jour moyens et pouvoir. Ce sera bientôt, vraiment : Tais-toi, Marche ou Crève !

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