La CGT-Police a rencontré la Sous-Directrice de la Protection des Institutions, des Gardes et des Transferts de l’Agglomération Parisienne afin d’évoquer les difficultés quotidiennes de la Compagnie de Garde de l’Élysée.

La Compagnie de Garde de l’Élysée a acquis au fil des années, la réputation d’être un service pénible voire disciplinaire, dont la mission quotidienne n’est pas attractive.
Pourtant, dans toutes les Capitales, tous les pays, un édifice présidentiel ou royal existe et leurs services de sécurité sont réputés prestigieux pour les fonctionnaires ou militaires qui en assurent la mission.
Alors pourquoi en France, pays riche, démocratique et républicain, disposant d’un code du travail et de syndicats puissants, la situation serait-elle différente ?

A quelques mètres du Palais présidentiel se situe le Ministère de l’Intérieur également gardé jour et nuit, dans les mêmes formes, soumis au mêmes risques et à contraintes identiques. Pourquoi les policiers et gendarmes qui veillent sur l’édifice ne souffrent pourtant pas des mêmes maux ?
Il est aisé de constater que les Gardiens de la Paix affectés à la CGE sont jeunes et proviennent pour la plupart des dernières promotions ce qui ne se retrouve pas dans la maison d’en face.
Il s’agit de l’évidente preuve que la CGE ne sait pas fidéliser ses personnels. Conditions de travail exécrables, horaires pénibles, locaux insalubres, management d’un autre siècle suffisent à donner l’envie de fuir à la plupart des jeunes recrues.
Il n’est pas acceptable qu’un policier nouvellement affecté n‘ait d’autre
préoccupation dès son affectation, que de quitter la CGE le plus rapidement possible, voire même au profit d’un service ne correspondant pas complètement à ses attentes, mais dans lequel il espère trouver rapidement un peu plus de confort et d’intérêt professionnel.
Il suffirait de peu pour que les choses changent. Fidéliser le personnel serait une garantie d’efficacité dont la direction pourrait s’honorer. Pour cela un dialogue social de qualité doit se mettre en place. Les méthodes de management doivent être complètement revues. Un chantier colossal doit se mettre en place pour redonner l’âme qui manque à ce service.
C’est dans ce contexte, que la CGT-Police est intervenue auprès de la sous-directrice pour mettre en évidence, certains dysfonctionnements ou pratiques dont quelques-unes ont trait à la sécurité des agents, lesquelles nous paraissaient urgentes à traiter.

En premier lieu, les manipulations obligatoires et fort contraignantes de cartouches, qui consistent pour l’ utilisateur d’un pistolet mitrailleur à dégarnir l’ensemble de ses chargeurs avant de les regarnir immédiatement à chaque vacation ont été évoquées. Cette prescription au ton fort comminatoire, sans doute unique en France, répétée jusqu’à 3 fois sur 24h00 détériore le matériel comme les doigts des utilisateurs. Elle doit cesser immédiatement!
Nous sommes convaincus qu’il est important de maintenir des contrôles, mais en aucune manière de façon quotidienne. C’est également l’avis de la Sous-Directrice.
Il aura fallu près de 4 mois de discussions et solliciter l’arbitrage de la direction pour qu’on entende enfin qu’une cartouche vérifiée le matin sera toujours valide 8h00 plus tard… et que dégarnir et regarnir provoquait une souffrance physique inutile. C’est regrettable !
La qualité des guérites a été évoquée. Contrairement à celles qui sont en place au MI, les guérites que nous utilisons ne sont pas sécurisantes.
Cette remarque a été entendue. La réponse apportée pourrait être la
mise en place de protections balistiques mobiles derrière lesquelles les agents en faction pourraient se mettre en sécurité si nécessaire.
Nous regrettons qu’un tel projet se mette en place sans consultation des principaux intéressés.
L’absence d’abri face aux intempéries, pour le collègue en faction au point 2 à été évoqué.

La réponse apportée consiste pour le service, à se mettre en relation avec l’Élysée pour savoir si l’implantation d’un abri est possible. Si la réponse est positive, la mise en place sera envisagée.
La CGT-Police sollicitera également les décisionnaires pour obtenir cet abri indispensable.
L’état des gilets lourds nous préoccupe au niveau prophylactique.Cependant nous apprenons qu’une évolution favorable pourrait intervenir, car l’utilisation de « portes-plaques » est envisagé. Ce matériel plus léger et plus aéré serait un pas considérable pour le confort des utilisateurs.
Également au sujet des utilisateurs de GPBL, il nous a été confirmé que l’usage de « l’étui cuisse » était autorisé pour ceux qui le souhaitaient.
Nous invitons donc les collègues qui se sentiraient plus à l’aise avec ce type de matériel à en faire la demande écrite.
Bien d’autres sujets restent à traiter, mais c’est une avancée.
Le chemin sera long pour parvenir à garantir à chacun de bonnes conditions de travail et la reconnaissance des efforts fournis.

Pour aller plus loin la mobilisation de tous est indispensable.
Alors n’hésitez pas à vous rapprocher de vos délégués, à vous investir, vous faire entendre pour obtenir l’indispensable sinon le nécessaire.

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