MENSONGE D’ÉTAT

Monsieur le Ministre,
La Commission exécutive de l’Union des Syndicats des Personnels Administratifs et Techniques du Ministère de l’Intérieur (CGT-USPATMI) dans sa réunion du 22 mai dernier, rejointe par le Bureau de l’Union des Syndicats, Intérieur, Asile et Outre-Mer (CGT-USIAOM) le 4 juin, a souhaité vous faire part de l’impact de vos déclarations relatives à « l’attaque de la Pitié Salpêtrière » le 1er mai 2019.
La presse, ainsi que de très nombreux partis politiques se sont emparés de ces éléments et nous ne reviendrons pas sur le fond de cette affaire. C’est la forme qui nous intéresse. Victor Hugo a dit « la forme, c’est du fond qui remonte à la surface ».
Par votre fonction, vous êtes à la tête du renseignement d’État, donc par définition, vous saviez qu’il n’y avait pas eu d’attaque ni même d’envahissement de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Il est clair que pour la CGT vous avez commis un mensonge d’État. Ce mensonge emporte l’ensemble de votre administration : préfets, commissaires, directeurs d’administrations centrales, personnels administratifs et techniques, agents de police. Ces personnels, et surtout l’ensemble de ceux assurant des fonctions communicantes, ont été associés à votre mensonge.
Les agents du ministère de l’intérieur sont soumis à de vastes pressions : externes du fait que certains portent l’uniforme, ou sont dans des préfectures ou sous-préfectures, également internes du fait de la réduction des moyens attribués, de la charge de travail en augmentation constante, des pressions psychologiques liées à la mission de sécurité publique en prise avec le terrorisme, aux migrations environnementales, aux migrations politiques ; pressions politiques des élus qui responsabilisent les préfets et directeurs de la réduction des budgets ou de la moindre disponibilité des forces de la police nationale.
Chaque agent, quelque soit son niveau de responsabilité, de grade, de fonction, œuvre pour une mission de service public qui n’est pas évidente à défendre. Cette mission est indispensable, les citoyens ne peuvent vivre en sécurité sans une force garantissant leurs libertés individuelles et les protégeant de ceux qui font le choix de ne pas souscrire à l’ordre public.
La CGT ne peut imaginer que vos affirmations à ce sujet ont été faites sans arrière pensée politique ; et c’est le jeu politique ! Est-ce pour atténuer l’expression contestataire contre votre gouvernement le 1er mai ou pour d’autres objectifs ? Peut-être est-ce simplement pour effacer de la campagne médiatique le fait que des forces de l’ordre ont tiré des grenades sur le secrétaire général de la CGT ?
Allumer un contre-feu médiatique de cette ampleur est inadmissible et n’est pas à la hauteur du ministre d’État que vous êtes. Nous vous demandons, non pas de démissionner, ou de vous excuser, mais de respecter les faits, respecter la réalité telle qu’elle est, et en conséquence respecter vos agents.
Vous êtes le ministre de l’intérieur. Il n’y a nul besoin d’arrogance ou de mépris, il n’y a nul besoin de mentir ou travestir les vérités. La population a bien compris le message de communication que votre gouvernement a déroulé ; ils craignent l’étranger, ils craignent la menace terroriste, la France désormais a peur. Votre campagne politique est ce qu’elle est, mais vous n’êtes plus le porte parole du gouvernement. Vous êtes notre ministre. Nous n’avons ni à vous aimer, ni à vous haïr.
Arrêtez de mentir ! Notre administration a besoin de neutralité et d’objectivité afin de conduire ses missions, dans des conditions déjà rendues trop difficiles par les politiques successives de destruction des services de l’État.
La CGT INTÉRIEUR est disposée à vous rencontrer afin d’entendre votre réponse à ce sujet.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations républicaines.
Pour la CGT INTÉRIEUR
Le Secrétaire général
David LECOCQ

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