DES ROMS ET DES LOIS

samedi 19 avril 2014

Des Roms et des Lois

Le 1er juillet 2013, la CGT-Police de Paris et le Syndicat de la magistrature dénonçaient la mise en place d’un rapport simplifié relatif à « la mise à disposition d’un individu présumé mineur originaire d’Europe Centrale », et sa connotation nettement discriminatoire.

Parallèlement, la question avait été posée à M. Manuel VALLS, à l’époque Ministre de l’Interieur, lequel avait justifié ces contrôles par la lutte contre le phénomène des vols a la tire.

Jacques Meric, alors directeur de la DSPAP, avait alors mentionné la pression des maires d’arrondissement.

Si à l’époque, pourtant pas si lointaine, le prétexte de la lutte contre le vol à la tire était brandit, il n’en va plus de même avec les instructions données aux fonctionnaires du VI éme arrondissement.

Ainsi, ce n’est plus aux délinquants mineurs que l’on s’attaque, mais à des familles parfois complètes dont le crime est d’avoir quitté une misère pour une autre.

Et de nouveau transparait la volonté de la mairie d’arrondissement de se débarrasser de ces mendiants particuliers que sont les roms.

Cependant, quid de leur suivi social ? De la scolarisation des enfants ? Du simple respect des lois et règlements en viveur en France et en Europe ? Aucune réponse.

Car, faut il le rappeler, le Code de l’Éducation fait de la scolarisation un droit de chacun d’une part, et que le CESEDA interdit toute forme de d’expulsion d’enfants de moins de 13 ans d’autres part, favorisant de fait le regroupement familial. La présence de ces populations, par ailleurs ressortissantes de l’Union Européenne, est donc légale.
Alors que faire de ces familles, vivant de débrouille et sans pouvoir se fixer ? Faut il se résoudre à continuer à en faire une population nomade misérable que chacun se rejette, et laisser la police prendre en compte, pour quelques heures, cette misère sociale ?

Pourtant, l’Autriche semble réussir à gagner le pari de l’intégration par la scolarisation des enfants et la stabilisation des parents, avec l’aide active de ces populations.

Il ne s’agit bien sur pas de surcharger un service social français déjà mis à mal par les différents gouvernements, mais de permettre à ceux qui le veulent de tenter de s’intégrer à la société sans que leur soit reprochée comme une tare le fait d’être né rom, dont les enfants auront appris avant tout à se méfier des forces de police.

La CGT-Police de PARIS répète son attachement à une police républicaine, dévouée aux missions qui sont les siennes : à savoir le maintien de l’ordre public et la sécurité des biens et des personnes, à l’exclusion de toute forme de discrimination. De ce fait, elle demande à ce que soit mit fin à une culpabilisation de la misère et plus particulièrement de la misère rom, et de la chasse qui en est faite.