Le juge Gentil menacé

Syndicat Général C.G.T. des Personnels de la Police Nationale du SGAP de Paris et de la Préfecture de Police

lundi 7 octobre 2013

COMMUNIQUE

Le 28 mars 2013, le juge GENTIL ainsi que 3 magistrats du Syndicat de la Magistrature ont été la cible de menaces par le biais d’une lettre qui leur a été envoyée, accompagnée d’une cartouche, certes « à blanc ». Cette action aurait été signée par un mystérieux collectif baptisé Interaction des forces de l’ordre (IFO).

On ne peut bien évidemment pas s’empêcher de faire le lien entre cet événement et la mise en examen de Nicolas SARKOZY et les propos d’une virulence inouïe qui ont été tenus suite à cela par Henri GUAINO, député des YVELYNES.

Ce dernier est allé jusqu’à déclarer, lors d’une intervention dans une émission de télévision, que non seulement le juge GENTIL avait déshonoré la justice, mais en outre qu’il avait instruit le dossier concernant l’ancien président uniquement à charge, et lui demandait de venir expliquer ses décisions devant le peuple et la représentativité nationale.

Si un élu, qui siège à l’Assemblée Nationale et qui vote les lois, est capable de se comporter avec aussi peu de retenue et de ne tenir aucun compte du principe républicain de séparation des pouvoirs, comment s’étonner que d’autres également s’engouffrent dans la brèche. En tant que député, il devrait être le premier a défendre l’indépendance de la justice.

Mais il a au contraire jeté le doute sur cette institution et a ainsi ouvert la voie à d’autres, comme ces menaces nous le montrent.

La CGT-Police de Paris condamne fermement ces menaces ainsi que le comportement de certains élus qui déshonorent la République et leurs fonctions.

La justice est la même pour tous et nos gouvernants ne sont à la base que des personnes auxquelles le peuple a délégué ses pouvoirs, dont ils sont comptables. Leur statut actuel ou passé ne les met pas au-dessus des lois.

Nous demandons instamment que la justice suive son cour avec toute la sérénité requise, sans interférences de quelque nature que ce soit, et que les attaques visant la magistrature cessent immédiatement.

Paris le, 29 mars 2013