« LA HAINE ANTI FLIC » comme ils disent … TRAVAILLONS A L’APAISEMENT AVEC LA MAJORITÉ CITOYENNE ET FAISONS PLUTÔT UNE JOURNÉE SUR NOS REVENDICATIONS !!!

jeudi 12 mai 2016

« LA HAINE ANTI FLIC » comme ils disent …
TRAVAILLONS A L’APAISEMENT AVEC LA MAJORITÉ CITOYENNE
ET FAISONS PLUTÔT UNE JOURNÉE SUR NOS REVENDICATIONS !!!
La population est fière de sa police, au service des citoyens et de leur sécurité. En réalité il n’y a pas de haine anti-flic, si ce n’est dans l’esprit et les actions d’une infime minorité.
Bien au contraire, cette profession attire de plus en plus, chaque jour, de nouveaux candidats désireux d’apporter leur contribution à la population, au service de la lutte contre le trafic de drogue, le crime, le terrorisme, mais aussi de la prévention pour le respect de nos lois et nos valeurs républicaines qui constituent le ciment du vivre ensemble dans la société française.
Comment ne pas se rappeler ces « nous sommes tous Charlie » aux côtés de « nous sommes tous policiers », comme nous sommes tous des citoyens, partageant les mêmes valeurs quelles que soient nos origines, nos opinions et notre religion.
Nous défendons nos collègues lorsqu’ils sont délibérément attaqués par des individus marginaux, qui ne sont en rien des manifestants, dont le combat est pénalisé par ces actes violents. La justice doit à présent faire son travail, dans la sérénité et en toute indépendance, pour les actes de cette infime minorité, qui plus est, ne représentant absolument pas le salariat et l’immense majorité des français qui sont contre le projet de loi « travail ».
N’oublions pas non plus qu’être policier est un métier dangereux où l’on est exposé physiquement à tous les maux de la société et on peut parfois en payer le prix fort.
Rappelons nous que le rôle de la police est de protéger les citoyens qui manifestent pacifiquement. La police est formée pour faire cesser avec mesure, efficacité et discernement tout débordement et violences, c’est une partie de ses missions.
En somme, nous lançons un appel solennel et déterminé à tous les policiers comme à tous les manifestants, et à nos camarades, pour ne pas tomber dans le piège grossier, inutile et dangereux, d’opposer la police et ses agents à la population, dont la jeunesse en proie à la désespérance et à la colère issues des injustices sociales que ce gouvernement s’évertue à multiplier depuis le début de son mandat.
N’oublions pas les vrais coupables et donneurs d’ordre, si prompts à donner des leçons, et dans la grandiloquence ; pour atteindre leurs objectifs de lois iniques, anti-républicaines et anti-sociales, comme la loi travail, faites pour servir les intérêts exclusifs des actionnaires et de la finance dans le grand marché européen, contre l’emploi et les travailleurs.
C’est la même politique, au nom de l’austérité budgétaire, qui a supprimé près d’un poste fonctionnaire sur deux dans la police pendant des années, et qui déshabille de la même manière les moyens de la justice.
Notre combat doit être celui de lutter contre cette loi avec, en particulier, la dénonciation du « Pacte de responsabilité », transfert inédit par son montant – 42 milliards d’euros par an – de l’argent du travail socialisé vers le profit capitaliste.
Cela fait 6 ans que le point d’indice, base de la rémunération des fonctionnaires, est gelé. Par rapport à la hausse des prix, la perte de pouvoir d’achat est de 8%. A l’approche de la fin du quinquennat de Hollande, le gouvernement a annoncé, enfin, une revalorisation de … 1,2%. Et encore, il y a tromperie sur le chiffre. Le 1,2% annoncé aujourd’hui fait l’addition d’une augmentation de 0,6% au 1er juillet 2016 puis d’une autre de 0,6% au 1er juillet 2017. En réalité pour l’ensemble de 2016, cela représente seulement 0,3% en moyenne par mois, soit 5 euros pour un gardien de paix…
Les fonctionnaires sont directement concernés par le démantèlement du statut du travail salarié. Le récent protocole PPCR (parcours pro, carrières, rémunérations), imposé par le pouvoir, contre les syndicats majoritaires, entame un peu plus le statut général de la fonction publique, avec notamment encore plus de mobilité forcée, de rémunération à la tête du client, etc.
Le gouvernement fait la sourde oreille aux nombreuses voix progressistes, responsables et républicaines, qui s’élèvent pour dénoncer cette loi, comme la politique économique et sociale du gouvernement qui veut désormais passer en force avec le 49-3.
Par conséquent plutôt que la démagogie ou la haine qui consiste à appeler les policiers à manifester contre la « haine anti-flic » comme certains appellent les manifestants à casser du flic, nous proposons :
- Des rencontres locales et nationales intersyndicales, y compris avec la jeunesse étudiante, pour que chacun se respecte et tente d’éviter toute violence lors des prochaines manifestations, en maintenant un dialogue transparent et permanent dans le respect de la loi.
- Des rencontres locales et nationales intersyndicales au niveau de la police et des agents du Ministère de l’intérieur, rassembler nos forces et poser les bases d’un cahier revendicatif commun lié au nombreux problèmes et carences dont souffrent au quotidien les policiers et agents du Ministère de l’intérieur pour accomplir leurs missions et travailler dans de meilleures conditions de travail et de vie. (45 suicides chez les policiers et 25 chez les gendarmes en 2015, et 17000 suppressions de postes de policiers et gendarmes sous le gouvernement Sarkozy, augmentation des temps de travail sans revalorisation des salaires sous le gouvernement Hollande…)
Sans la mobilisation des fonctionnaires et des syndicats de luttes, il n’y aurait aucun relèvement du point d’indice. Les syndicats de collaboration jouent leur rôle en exprimant un contentement déplacé et en sabotant la suite de la lutte. Bien au contraire, le tout premier geste du gouvernement sur le point d’indice incite à faire monter la mobilisation et à se joindre, par communauté d’intérêt, avec tout le monde du travail, puissamment, à la grève et aux manifestations à partir contre le projet de loi Valls-El-Khomri.
L’histoire démontre que toutes les avancées sociales, dans la police nationale comme ailleurs, ont été obtenues grâce aux mouvements revendicatifs, organisés, où la CGT, avec la CGT-Police, a toujours pris une part importante.
L’action du 18 Mai devrait dénoncer le ras-le-bol des policiers. Il est inconcevable que nos collègues ne soient pas entendus et respectés par ceux qui en ont la charge.
La CGT-Police Paris, CGT-Police Marseille, comme l’ensemble de la CGT, défendent sans relâche la fonction publique, les revendications de tous les travailleurs et agents de l’État, et ce n’est pas seulement par des discours sur l’autorité, la répression que les policiers seront entendus.
C’est pourquoi nous appelons les syndicats du ministères de l’intérieur, les policiers et l’ensemble des agents du ministère le 12 mai à la manifestation Unitaire CGT - FO - FSU - Solidaires - UNEF-UNL-FIDL, pour le retrait de la loi travail et dire non à l’austérité grandissante. Rendez-vous le 12 mai à 14h00, place Denfert-Rochereau vers l’Assemblée Nationale.

Paris le, 11/05/2016.