Financement du Pass Navigo Unique : STOP au jeu de bonneteau !

vendredi 12 février 2016

L’instauration, au 1
er
septembre 2015, de la « Zone Tarifaire Unique » pour les transports
franciliens est une mesure de justice sociale. Elle a mis fin à une situation inacceptable où les
populations les plus modestes, rejetées loin de la zone centrale par le prix du foncier, étaient
aussi celles qui payaient le plus cher leur transport !
Il s’agit maintenant de mettre en place un financement pérenne de cette mesure. En effet, si
celle-ci va contribuer à développer l’usage des transports collectifs, l’accroissement du nombre
de voyageurs ne suffira pas à compenser la réduction des recettes pour le STIF.
Or, l’accord qui vient d’être annoncé entre V. Pécresse et M. Valls sur le financement de ce
« Pass Navigo Unique » suscite de lourdes interrogations : il ne règle rien au-delà de l’année en
cours et relève plus du « bricolage financier » que d’une approche rationnelle.
Une des dispositions prévues est de ponctionner la RATP à travers un prélèvement
conséquent sur son résultat comptable de 2015.
Cette décision va automatiquement impacter la capacité de la RATP à assurer ses
engagements prévus dans le contrat passé avec le STIF, tant en matière d’offre que
d’investissements. Il est donc à craindre que l’emploi et les conditions de travail des
personnels ne servent encore une fois de variable d’ajustement avec des conséquences
négatives sur la qualité de service pour les usagers.
Pourtant, d’autres solutions existent pour financer de manière plus juste le « Pass Navigo
Unique ». Elles doivent privilégier l’intérêt collectif et la mise à contribution des premiers
bénéficiaires des transports en commun avec notamment :
 Une augmentation conséquente du « Versement Transport » des entreprises ;
 La mise en place d’une « Ecotaxe sur la circulation des poids lourds » ;
 L’abaissement du taux de TVA appliqué aux transports (de 10 % à 5,5 %).
Financer la « Zone Tarifaire Unique » qui vise à favoriser l’usage des transports collectifs par
une réduction des moyens dévolus au service public pour les faire fonctionner relève du jeu
de bonneteau !
La CGT-RATP, force de propositions, agira contre toute velléité de
faire payer l’addition aux agents et aux usagers du Service Public !
Paris, le 10 février 2016