LES PERMISSIONS DE SORTIE : LA POSITION DE LA CGT-POLICE

lundi 12 octobre 2015

La CGT-Police du SGAP de Paris s’associe à la douleur de la famille de notre Collègue grièvement blessé au cours d’une violente interpellation lundi 5 octobre à l’Ile-Saint-Denis.
Le profil du tireur amplifie fort justement le sentiment d’injustice et de dégoût de bon nombre de policiers qui chaque jours risquent leurs vies pour rendre la nôtre un peu plus sure.
Cependant, s’agissant de ce drame, il est important de dénoncer les coupables qui ne sont autres que les irresponsables qui depuis des années crient à grands renforts de médias que les fonctionnaires sont trop nombreux et impactent de ce fait le budget de l’Etat !
Ce résultat laisse présager un avenir peu engageant.
Ne nous trompons pas de cible. Dans cette affaire atroce, le coupable n’est pas la seule Garde des sceaux.
Il s’agit bien des gouvernements successifs qui ont réduit les effectifs de l’administration pénitentiaire jusqu’à laisser les fonctionnaires des Services d’Insertion et Probation (SPIP) en charge de plusieurs centaines de dossiers par agent !
Précisons que le budget de la justice en France se situe au 37éme rang sur 43 en Europe derrière l’Azerbaïdjan (classement CEPEJE), cela en dit long sur le modèle sociétal de notre justice qu’on voudrait apathique.
De la même façon, la police n’a plus les moyens de mener ses actions avec toute la sécurité nécessaire, en voici la preuve !
Dans ces conditions comment imaginer qu’il soit possible de consacrer le temps indispensable à ces agents de l’administration pénitentiaire pour évaluer le profil d’un détenu avant de l’accompagner vers sa nécessaire réinsertion.
Oui, dans cette affaire, il y a bien faute de l’État ! Mais il ne faut pas se tromper de combat.
La justice n’est pas laxiste et elle applique les lois des élus de la République avec le peu de moyens qu’il lui reste. N’oublions pas que les textes qui régissent les libérations et les permissions de sortie datent de 2008, époque ou le garde des Sceaux appartenait au gouvernement Fillion.
Dans ce contexte, éminemment pré-électoral, propice à l’échauffement de certains esprits partisans, la CGT-Police du SGAP de Paris ne participera pas au rassemblement organisé par Alliance-Police nationale le 14 février, place Vendôme.
Cependant, consciente du malaise de la fonction publique et tout particulièrement dans cette affaire, des difficultés rencontrées par l’administration pénitentiaire, la CGT-Police soutient le combat de l’intersyndicale des agents de l’administration pénitentiaire et s’associe à l’appel à rassemblement de la CGT-Pénitentiaire qui se réunira le 22 octobre 2015, devant le Ministère de la Justice , Place Vendôme à Paris.
Paris le, 12/10/2015

Contact presse : Anthony Caillé 06 64 46 30 20