Affaire France Insoumise : Que la politique spectacle ne fasse pas oublier la violence des risques psychosociaux que vivent quotidiennement les policiers.

Affaire France Insoumise :

Que la politique spectacle ne fasse pas oublier la violence des risques psychosociaux que vivent quotidiennement les policiers.

Qu’est ce qui choque ? La perquisition des locaux de la FI ? La réaction violente des parlementaires ? Que ce joue t’il vraiment devant nos yeux ? Et quel rôle campe à son insu une fois de plus la police ?


Les images de la perquisition judiciaire burlesque et violente de la FI interpellent notre syndicat et nous poussent à la réaction suivante :


Oui, le système judiciaire en France comporte sa part de violence morale, elle peut être légitimement vécue comme une humiliation… Rares sont celles et ceux ayant eu à faire à ce système, en qualité de mis en cause, suspect ou même victime, à ne pas en retirer un souvenir traumatisant : être contrôlé au faciès, être accusé à tort, ne pas être crue lorsque l’on est victime, être menotté, être palpé et dormir dans une geôle malodorante de garde à vue, être perquisitionné dans son intimité, devant ses proches… Se tenir debout dans une salle d’audience à devoir se justifier derrière un box en verre et jugé par d’autres être humains siégeant en costume dans le confort d’un fauteuil… Il s’agit ni plus ni moins de la « violence légitime » que la procédure judiciaire met en scène quotidiennement et à laquelle les justiciables sont malheureusement confrontés…


Tout cela pourrait sans doute être amélioré en intégrant d’avantage l’empathie, l’intelligence et l’humain dans les objectifs poursuivis par la justice. Mais cela suppose un changement radical de paradigme ! Au lieu de crier à la vendetta personnelle, il faut comprendre que la violence vient d’un système et non d’un procureur.


Car que voyons-nous d’autres ? : Des hauts représentants de la République, jouissant de privilèges statuaires et financiers, prendre à parti violemment nos collègues qui, la CGT le rappelle fermement, ne sont que de simples exécutants. Une hystérie et une violence disproportionnée (révélatrice des vulnérabilités psychiques des protagonistes) qui choque le spectateur mais qui pourtant est notre quotidien… oui notre quotidien… à nous les représentants des forces de l’ordre.

Ne passons pas à côté du vrai sens des images que nous ont donné à voir les médias sous prétexte qu’elles concernent la FI. Prenons conscience que le métier de policier est hautement pathogène et dangereux pour les femmes et les hommes sous l’uniforme. Les policières et les policiers sont constamment exposé.e.s à la violence morale et physique et servent de boucliers aux puissants et de cibles aux humiliés. Exposé.e.s à tant de violences quotidiennes, nombres sont celles et ceux qui le devient à leur tour… et cela va crescendo… et la police se retourne contre le peuple en dépit de ses propres intérêts… Nous pensons aux violences graves exercées contre nos camarades syndicalistes par les policiers devant le Hyatt il y a 4 jours alors qu’ils exerçaient paisiblement leur droit fondamental de grève et de manifestations contre les agissements illégaux de la direction du Palace.

Les policières et les policiers ne sauraient être les ennemis du peuple ou de leurs représentants. Comprenez qu’ils sont les otages et les fusibles d’un système de violence auquel nous sommes toutes et tous lié.e.s. Ne nous trompons pas d’ennemis, ne les isolons pas du reste de la société et battons nous pour leurs droits fondamentaux et l’amélioration de leurs conditions de travail…

Paris le, 17/10/2018

CP perquise FI 17102018

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