Plan préfecture nouvelle génération: la crise persiste!

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 31 juillet 2018
Le Plan préfectures nouvelle génération (PPNG) mis en œuvre par le ministère de l’intérieur a conduit
depuis le mois de novembre 2017 à la fermeture des services d’accueil en préfectures et sous-préfectures
pour les usagers. Ceux-ci sont désormais invités à effectuer leurs démarches en ligne, les
services préfectoraux ayant été remplacés par des Centres d’expertise et de ressources des titres (CERT),
véritables plateformes de téléprocédures, sans que les usagers puissent avoir de contact et d’aide
directement avec les agents publics.
Les déboires rencontrés par le ministère de l’intérieur avec cette dématérialisation forcée, sans période
transitoire ni solution papier alternative, ont fait l’objet de nombreux articles dans la presse pour relater
les difficultés rencontrées par les usagers, notamment en matière de délivrance de cartes grises.
Face à ses propres difficultés, le ministère de l’intérieur a ouvert des CERT supplémentaires, de façon
temporaire, pour tenter de résorber les retards. C’est ainsi, par exemple, qu’a été installé à titre provisoire
un CERT dans les Ardennes, centre dont la fermeture est annoncée par le ministère pour le 31 juillet
2018. Cette fermeture intervient alors que ce CERT traite de 20 à 25 000 dossiers par mois, que cette
fermeture se fait en pleine période estivale avec une demande de titres particulièrement élevée.
La CGT Intérieur dénonce la fermeture du CERT des Ardennes car elle va mettre au chômage des
dizaines de salarié-es dans un département au taux d’emploi déjà bien faible, et faire repartir à la hausse
les délais d’attente de délivrance des cartes grises et ainsi le mécontentement des usagers.
La CGT Intérieur dénonce aussi cette fermeture car elle intervient dans un département où est également
implantée l’Agence national des titres sécurisés (ANTS), établissement public de l’État chargé de la
délivrance des titres aux usagers (cartes d’identité électronique, passeport biométrique, passeport
électronique, titres de séjour électronique, visa biométrique, certificats d’immatriculation des
véhicules…). L’ANTS, dont les besoins sont importants, notamment en matière de réponse au public via
son centre d’appel téléphonique, aurait ainsi pu accueillir au moins une partie des emplois de ces
salarié-es travaillant au CERT des Ardennes, salarié-es qui sont formé-es et compétent-es sur ces
missions.
La CGT Intérieur s’interroge en outre sur la gestion du centre d’appel de l’ANTS qui sera confiée à
partir du 16 août 2018 à une entreprise privée, The Marketing Group, appartenant au groupe marocain
Intelcia, via un marché obtenu en réponse à un appel d’offres de 50 millions € sur trois ans.
Cette décision a un impact direct sur les salarié-es du CERT des Ardennes qui vont devoir candidater sur
des postes auprès de cette entreprise alors que le maintien en interne du centre d’appel leur aurait
certainement permis d’être reclassés.
Il s’agit aussi d’une décision qui révèle que l’État, à travers l’externalisation de la gestion du centre
d’appel de l’ANTS, choisit de confier au privé des missions qui doivent relever de sa plein compétence
sur des sujets concernant directement la souveraineté nationale.
Comme la CGT Intérieur l’avait indiqué dès l’annonce du PPNG, celui-ci n’a d’autre finalité que
l’abandon du service public à des intérêts privés, mettant en lumière au ministère de l’intérieur ce que le
plan politique Cap 2022 du président Macron veut étendre à toute la fonction publique : la fin du service
public et du modèle social français.
Contacts presse
 06 16 36 17 45 / 06 92 29 93 76
 prefectures@cgt.fr

communiqué de presse CGT CERT Ardennes juillet 2018 VF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.