1 mai: La CGT-Police demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire

Suite aux événements survenus lors de la manifestation du 1 mai 2018, notre syndicat a adressé un courrier aux députés afin de leur demander la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.

 

Objet : Demande commission d’enquête parlementaire suite manifestation 1 mai
Madame la Députée, Monsieur le Député,
L’emploi des forces de police par le pouvoir exécutif se doit de constituer une préoccupation
permanente dans un état de droits et faire l’objet d’un contrôle rigoureux par le peuple, ses
représentants et les autres corps intermédiaires.
C’est donc animé par le crucial objectif de protéger l’équilibre des pouvoirs, indispensable à la
démocratie, que notre syndicat dénonce l’inquiétant glissement autoritaire que prennent les trois
gouvernements successifs. Ce qui avant pouvait être décrit comme des « dérives » deviennent la norme
et l’instauration d’un nouveau régime est à craindre !
Ainsi, par le passé, nous avions constaté que le pouvoir politique utilisait de façon blâmable les forces
de maintien de l’ordre aux fins d’entraver le droit fondamental qu’ont le peuple et les syndicats de
manifester et ainsi remplir leur rôle intrinsèque de contre-pouvoir :
1) L’apparition de « policiers-casseurs » dans les manifestations destinés à manipuler l’opinion
publique avec la complicité ou complaisance des médias et ainsi doucement faire naître la perverse
idée que l’usage du droit à la liberté d’expression pourrait représenter une menace pour l’intérêt
général alors qu’elle en est l’une de ses garantes.
Il ne s’agit pas de pratiques nouvelles, des exemples remontant aux années 80 peuvent être cités ;
sidérurgistes de Denain-aéroport de Roissy (1983), affaire du gardien LE XUAN (23 mars 1979)
interpellé par le service d’ordre syndical en train de « casser » etc …).
2) Des ordres visant à troubler l’ordre plutôt qu’à son maintien : ainsi, lors des manifestations
organisées contre la réforme du travail, nous avons pu constater des débordements largement facilités
par une inertie aussi inexplicable que visible des forces engagées sur le dispositif. Par des décisions
politiques évidentes les manifestations deviennent le triste théâtre d’un affrontement aussi télégénique
que téléguidé entre des « groupes de casseurs »d’une part, et la police, d’autre part. Dangereux pour
les manifestantEs et les agents de police et fatal parfois pour la manifestation et les droits
fondamentaux qu’elle incarne.
Une telle situation était particulièrement évidente lors de la récente manifestation du 1er mai 2018 à
l’occasion de laquelle un nombre très importants de personnes, armées et équipées, ont pu se regrouper
en avant du cortège sans que les forces de maintien de l’ordre ne bougent. Techniquement, et eu égard
au nombre important des forces déployées, une telle situation n’aurait pas du pouvoir se produire.
C’est là notre analyse de professionnels. Il résulte d’ailleurs de la consultation sur place des
responsables locaux du maintien de l’ordre tant par des syndicalistes (souvent policiers) que par des
journalistes qui leur demandaient « pourquoi vous ne bougez pas ? » que ceux-ci répondaient
invariablement « j’ai des ordres ».Cette indigence, volontaire ou non, de la gestion du commandement
a mené aux incidents que l’on connaît.
Nous pensons que ces dérives dans la gestion des moyens de maintien de l’ordre à des fins politiques
lors des grandes manifestations sont particulièrement préoccupantes, et qu’il est maintenant
indispensable, dans l’intérêt même de la défense des expressions démocratiques du peuple, de mettre
en place une commission d’enquête parlementaire qui permettra de faire la lumière sur les conditions
d’usage et de commandement des force de l’ordre, à tous les niveaux, engagées à l’occasion de cette
manifestation du 1er mai 2018.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de toute notre considération.
Pour la CGT-Police Paris ,
Le Secrétaire Général,
Anthony Caillé

 

Lire le courrier adressé aux parlementaires

Il y a 3 commentaires
  1. curti à 16 h 05 min

    Scinder la manifestation, laisser les casseurs agir.<> <> Cela démontre que dans notre pays (comme d’autres d’ailleurs!!) une volonté de prendre les manifestant-e-s pour des voyous, voire même pour des terroristes(comme nous avons déjà pu l’entendre!!) de politiques et certains médias .Tout est fait pour marginaliser les manifestations, les revendications syndicales, même un jour de 1er Mai où les personnes participent aux manifestations en famille .J’approuve entièrement le courrier, la demande de la CGT-Police pour eux aussi il y a danger et c’est inadmissible!! De plus je dirais que nous ne sommes pas dingues les représentant-e-s syndicales de foutre la merde dans les manifs , ce serait contre productif et cela ne servirait qu’à nous mettre la population à dos!!

  2. Aubisse à 8 h 21 min

    Bonjour les camarades,
    Je partage parfaitement cette analyse soyons fort et unis pour les prochaines manif.

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