Commissariat, univers sexiste ! Soutien aux collègues victimes

Commissariat, univers sexiste ! Soutien aux collègues victimes

L’actualité récente, qu’il s’agisse de MeToo, du 1er procès pour harcèlement sexuel dans la police (en décembre au Tribunal correctionnel de Béthune) ou encore l’article paru dans TéléStar le 13 février dernier dans lequel une policière témoigne des violences qu’elle a subies – exige que le syndicat CGT Police prennent position aux côtés des collègues et camarades victimes.

Le harcèlement sexuel au travail touche 1 femme sur 6 selon les estimations officielles et naturellement n’épargne pas la police. Bien au contraire. Les conditions de travail et le système de valeurs archaïques encore trop présent au sein de cette profession longtemps considérée comme un métier d’homme, le rende particulièrement possible et éminemment difficile à dénoncer.

En effet, nous le savons, le harcèlement et les agressions ne doivent pas être compris comme un acte isolé d’un individu-agresseur au comportement déviant sur une seule victime, mais bien comme le résultat d’un système complaisant qui rend le passage à l’acte possible et garantit l’impunité de l’auteur.

Dès lors, nous avons toutes et tous une responsabilité et nous devons non seulement soutenir les victimes, mais aussi sanctionner les agresseurs et surtout, comprendre en quoi le système, l’organisation et la culture policière ont permis que ce genre d’actes puisse être commis.

Nous dénonçons les conditions de travail violentes qui favorisent les passages à l’acte, une absence de formation des agents de police qui sont encore largement imprégnés de la culture sexiste, en témoigne, par exemple, les posters et calendriers obscènes voire pornographiques qui ornent encore les murs de certains commissariats.

Les violences sexistes souvent dissimulées dernière des blagues et des boutades à l’apparence anodine (mais aux conséquences graves car mises bout-à-bout impactent l’estime de soi) invitent les femmes collègues à participer et à rire de leur propre humiliation, sans quoi elles se risquent à l’exclusion ou à passer pour « coincées » voire « chiantes ». Une fois entrées dans ce jeu, elles ne pourront plus en sortir et encore moins dénoncer des possibles agressions.

Ce climat hostile et discriminant est intolérable mais surtout illégal et doit cesser !

Quant à la liberté de parole…. difficile dans une profession où les droits syndicaux sont limités et où l’esprit de corps est très puissant !

Nous exigeons des formations de qualité qui profiteront à la fois aux collègues mais aussi aux citoyennes puisque les forces de l’ordre jouent un rôle primordial dans la lutte contre les violences sexistes. Nous rappelons que nous avons toutes et tous une responsabilité et un rôle à jouer dans la dénonciation des violences et appelons à la solidarité.

CP Commissariat, univers sexiste 14022018

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